Nota Bene : pour une jouabilité plus gratte ciel je vous conseille
d'ajouter au moins deux hauteurs de containers sur le cargo.
Il se fondait tellement à la perfection
avec le champ labouré du décor qu'il en était quasiment invisible.
Je pose des barrières,
et en même temps,
je veux pouvoir aller encore plus vite,
tout en posant toujours plus de barrières,
en un éclair,
je fais preuve d'imagination,
j'étudie la fluidité de l'ensemble,
les barrières ne doivent,
sous aucun prétexte,
nuire à la célérité,
alors j'élabore,
des systèmes ultra sophistiqués,
permettant de franchir les barrières,
comme une lettre à la poste,
fluide je vous dis,
mais avec des barrières,
comme emblème,
et la vitesse,
comme religion,
mince,
je suis ralenti(e),
je voudrais,
aller encore plus vite,
je voudrais,
faire tendre vers zéro,
les forces de frottements,
induites par les franchissements.
Mais les barrières,
ne doivent pas être remises en question,
face à la démesure,
de mes désirs de célérité,
elles semblent nécessaires,
elles sont là pour filtrer,
trier,
quantifier,
surveiller,
taxer,
interdire,
de franchir ce seuil,
ce niveau,
cette étape,
sans le précieux sésame,
l'accord absolu,
la carte clef,
qui ouvre le passage,
vers la phase suivante,
le prolongement du processus,
sans entrave,
je poursuis mon chemin.
Les barrières sont l'expression de ma paranoïa aiguë,
de mon esprit vénal et monopolisant,
pure sélection de ma pensée unique,
égoïste,
individualiste,
insensible,
à laquelle il n'y a pas d'alternatives,
la croissance me guide,
mieux qu'un gourou,
alors je continue à poser des barrières,
physiques,
géographiques,
législatives,
etc...,
et maintenant virtuelles,
payantes,
parce que mon idée le mérite bien,
gratuites,
pour le plaisir de freiner le mouvement,
même si ce dernier,
doit être toujours plus rapide,
peu m'importe,
je m'adapte,
je clôture,
que voulez-vous?,
c'est la société,
qui me fait adorer,
la propriété privée,
les brevets,
les droits d'auteurs,
les frontières,
les nationalités,
que voulez-vous?,
je suis configuré(e),
conditionné(e) ainsi,
automatisé(e),
quasi hypnotisé(e),
par des barrières,
discontinuités quantiques pesantes,
incoercibles pathologies de la nature humain,
désirs de contrôle,
commissions et marges,
miroirs aux alouettes sécuritaires,
jouissances extrêmes,
volontés de faire du blé,
oui,
tout ça à la fois,
à tombeau ouvert,
je n'ai que ça à faire,
poser des barrières,
comme un climat de guerre,
à l'encontre de la fraternité,
au mépris de la générosité,
déniant le partage,
ignorant l'égalité.
Je pose des barrières,
je m'encercle de fer,
m'emmure,
tisse du barbelé,
je m'emprisonne en plein air,
mais heureusement,
moi,
elles ne m'empêchent pas,
moi,
qui possède le feu vert,
le droit de les franchir,
de conserver ma vitesse de croisière,
et circuler librement,
tout sourire,
au gré du vent,
en fonction de mes humeurs,
en train,
en hydravion,
à toutes heures,
à travers les jalons,
je jazze,
je swingue,
je zigzague,
je gymkhane,
dans la vie,
un slalom,
je négocie à la corde,
sans perte d'énergie,
les barrières,
posées,
orientées,
stratégiques,
indispensables,
car je tiens à garder,
l'intégrité sans équivoque,
de mon petit royaume,
hors de question,
de le mélanger avec le reste du monde.
Les barrières,
me permettent de perdurer,
mon niveau d'existence,
elles m'assoient sur un trône,
mon trône,
mon trône que j'aime,
du-haut duquel,
j'aperçois des problèmes d'étanchéité,
dans toutes les directions,
dans toutes les domaines,
la toiture de barrières fuit,
elle transpire,
elle suinte,
elle respire,
or,
cette situation n'est pas possible,
si je veux rester un petit roi,
alors je fais vivement appel,
à des experts techniciens,
professionnels des jointures,
maçons constitutionnels,
plombiers des lois,
terrasseurs au niveau à bulle de gum,
afin qu'ils élaborent,
conceptualisent,
expérimentent,
et bricolent,
au plus vite,
de nouvelles barrières,
sans faille,
inviolables,
à l'épreuve de tout,
les barrières du futur,
plus redoutables,
pour les resquilleurs(ses),
plus performantes,
au seuil d'erreur formidablement microscopique,
et bien sûr,
cela va de soi,
ne représentant aucune gène,
ou tout au plus,
une sensation de frôlement,
pour celles et ceux qui possèdent,
la sacro-sainte autorisation,
le laisser-passer à jour,
l'abonnement ad hoc,
l'habilitation en la qualité de,
et surtout,
l'envie aveugle,
narcissique,
malsaine,
de vouloir alimenter,
participer,
et entretenir,
cette infernale spirale liberticide et peu fraternelle.
En ce qui me concerne je prône les mises en commun de la créativité sans barrière aucune. J'ai choisi la formule suivante pour me protéger un minimum des vautours :
Et j'ai presque envie de vous dire, faites en ce que vous voulez, de la confiture, des sorbets, jusqu'au vomi, du moment que ce n'est pas dans un but
lucratif et ou spéculatif.
Bred mafane en transit porte douze :)